Le billet de Bertrand : ça bouge chez les Imoca !

Ce 26 avril 2017, Bertrand Castelnérac était à l’Assemblée générale annuelle des Imoca, à la fois comme skipper, mais également pour SEAir, car notre bureau d’études s’intéresse aussi à ces grands bateaux !

Les Imoca se portent bien et ont le vent… en poupe, merci pour eux ! Le Vendée Globe 2016 a rassemblé 29 bateaux au départ – une belle flotte – et 18 sont arrivés à bon port : un joli score ! Cela renforce le succès de l’édition et la justesse de la jauge stable, ouverte et maîtrisée à la fois, avec mâts et quille standard, auxquels s’ajoutent les foils. Techniquement, c’est un fait, les anciens bateaux peuvent toujours êtres compétitifs et les nouveaux cassent moins. L’impact médiatique a été conséquent, en témoignent les reportages quotidiens sur les chaînes de télévision et – reconnaissance symbolique – les insignes de chevalier de la Légion d’honneur reçus par Armel Le Cléac’h des mains du président de la République.
L’assemblée note également le grand dynamisme du marché d’occasion : la majorité des bateaux du Vendée Globe a retrouvé preneur. L’objectif est résolument de travailler pour consolider ces succès traduits par un bilan financier positif. Pour les années à venir, il est important de renforcer le circuit du championnat du monde Imoca et de commercialiser les activités de la classe, en générant plus de revenus en sponsoring, sans que ce soit au détriment des partenaires, des skippers ou des organisateurs. Avec le renouvellement du contrat entre le Vendée Globe et l’Imoca, certains coureurs ont manifesté leur inquiétude de voir un changement de bateau imposé par l’organisateur de la course ; une inquiétude écartée contractuellement en amont par la Classe. Les Imocas 60, tels que nous les connaissons, resteront les bateaux du Vendée Globe.

Le rapport du Comité technique était attendu. Des modifications des règles de classe sont ainsi à l’ordre du jour et ont toutes été acceptées : une définition plus précise – et plus souple en cas d’avarie – de la notion de coque ou bateau symétrique et des appendices, ou encore la dissociation claire des notions de dérive, de foils et de safrans. La limitation des plans porteurs – jusque-là une ouverture était laissée aux safrans pour l’installation de plans porteurs – qui est maintenant fermé. Cette décision est prise pour des raisons de sécurité en cas de choc en mer, pour qu’il y ait toujours moins d’abandons sur les courses, mais elle empêche les futurs Imocas de voler, en les limitant à la sustentation comme c’est déjà le cas. S’il est évident qu’en cas d’autorisation de vol complet, SEAir aurait eu une belle carte à jouer niveau architectural, la décision prise n’en reste pas moins la plus raisonnable qu’il soit.

La définition du « safran » est précisée pour l’occasion : c’est « un appendice de coque mobile utilisé pour influencer sur la conduite et qui ne doit pas produire de sustentation autre que celle d’un safran classique ». Par ailleurs, le Comité technique valide un nouveau degré de liberté pour le foil, en translation, autorisant la cale haute à bouger sur seulement cinq degrés angulaires dans un sens choisi.

La possibilité de réaliser des tests numériques, et non seulement des tests en situation réelle, pour l’auto-redressement et l’établissement du premier certificat de jauge, est également acquise. L’inertie des quilles a angle important, permettant un meilleur redressement que celles à angle limité, sera donc appréhendé  différemment pour les nouveaux tests réalisés numériquement. À noter la réduction du nombre de voiles embarquées – de 10 à 8 –, l’ouverture des références de fibres utilisées pour la construction ou encore la définition d’une taille minimum de tourmentin.

L’Assemblée générale a par ailleurs installé une nouvelle direction à la tête de la Classe Imoca : Antoine Mermod est élu président de l’association. Paul Meilhat, Alex Thomson, Tanguy de Lamotte et Conrad Colman entrent au bureau. Jean Kerhouas, Vincent Riou, Jean Le Cam, Armel Le Cleac’h et Luc Talbourdet tirent leur révérence après de bons et loyaux services.

 

27 avril 2017